Gahima tente de ressusciter d’entre les morts!

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Par Ange Michel Murangwa

Non, la Justice Rwandaise n’est pas un instrument de répression contre le peuple Rwandais.

Je ne souscris pas à la thèse de la spontanéité du Génocide commis au Rwanda.

Malgré certaines failles, le bilan des tribunaux Gacaca est  plutôt positif.

Si le Tribunal  Pénal d’Arusha n’a pas pu prouver l’existence d’une planification du genocide contre les tutsi, ce fait constitue une  erreur monumentale, Il ne saurait exister un genocide sans planification. Le gouvernement de transition a bel et bien planifié ce genocide.

Je m’oppose à cette tendance qui cherche  à lier l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana au Génocide. Ce sont là, deux faits indépendants qui ne sauraient être liés, quand bien même l’un aura précédé l’autre.

Je ne connais rien des prétendus massacres qui auraient été commis par le Front Patriotique dans la zone que celui-ci occupait avant avril 1994. Si quelqu’un possède une documentation fiable sur ce sujet, je lui saurais gré de me retransmettre…

Cet acte de foi n’est  pas signé de la main  du Ministre Rwakigarama Mucyerabakwe, ni celui du Procureur Ngoga. Ces lignes n’ont pas été diffusées par l’agence Orinfor ou par le News Time.

L’auteur de  ces vérités est, retenez vos souffres, Monsieur Gérard Gahima,  ex Procureur General de la République Rwandaise, ex haut cadre du Front Patriotique Rwandais, membre fondateur de la RNC, hier  farouche opposant  et détracteur  du President Kagame, nous disons hier, car Il  est plutôt difficile de le situer politiquement après ses dernières déclarations sur les ondes de Radio Itahuka.

Après quelques années dans le linceul de l’opposition, Monsieur Gérard Gahima  ne pourrait certes pas se départir des certaines senteurs, mais son discours se pose néanmoins  en faux contre des thèses  qui constituent  le socle même du catéchisme négationniste de l’Opposition Rwandaise.

Ce socle  repose essentiellement sur des faits que Monsieur Gahima contredit sans nuance : Il n’ya jamais eu de planification du Génocide au Rwanda, le Génocide fut la conséquence directe de l’attentat contre l’avion du President Habyarimana et l’auteur de l’attentat  connaissait les conséquences inévitables de son acte, un acte qui non seulement explique, mais justifie largement la « Spontanéité du Génocide ».

Nous avons joint Monsieur Gahima  par téléphone et lui avons posé la question de savoir s’il était conscient des conséquences de ses déclarations sur sa crédibilité au sein de l’Opposition Rwandaise au sein de laquelle  son Parti  rencontre déjà  une méfiance grandissante.

Il nous a déclaré que le fait d’être membre de l’opposition ne constituait pas un motif de penser en dehors de ses convictions.

« Personne ne pourrait me convaincre que le Genocide n’a pas été planifié. En ma qualité de Procureur General, j’ai mené personnellement des  profondes investigations sur le drame Rwandais et personne ne saurait me convaincre du contraire ».

Sur la thèse du « Double Génocide », Monsieur Gahima s  s’est voulu clair sur ce brulant sujet :

«  Cette thèse est une aberration. Ceux qui parlent  de « Double Genocide » pèchent sur la notion même du Genocide. S’il ya eu la volonté manifeste (intent) d’exterminer la « Race »Tutsi, personne ne pourrait prouver qu’une pareille volonté  d’exterminer les  Hutu ait jamais germé de la tête de qui que ce soit ».

Nous écartant légèrement du sujet,  nous avons rappelé  à Monsieur Gahima que la tendance dans   l’opposition était pour un dialogue inclusif, la libération de tous les prisonniers et une amnistie  générale pour ceux qui ont perpétré le Génocide contre les Tutsi.  Nous  avons profité  de l’occasion pour savoir s’il  s’attablerait bien volontiers avec le Colonel Bagosora ou avec le Prêtre extrémiste Nahimana pour débattre sur  les voies,  susceptibles de construire une paix durable…Pesant ses mots, Monsieur Gérard Gahima a estimé que Monsieur Bagosora était bien à sa place, là où il était.

« Je ne pourrai négocier quoi que ce soit, ni avec l’un, ni avec l’autre, pour la simple raison que Bagosora a planifié ou tout au moins perpétré le Génocide, tandis que le Prêtre Nahimana en déclencherait   une autre, aussitôt qu’il en aurait l’occasion ».

Nous avons  ensuite demandé à Monsieur Gahima  s’il croyait  à la sincérité de ceux qui  cherchent à se camoufler derrière le concept de la « Démocratie » tout en pensant à la restauration  du Régime  au pouvoir avant 1994, une « démocratie » basée sur la notion de majorité numérique-ethnique  qui renverrait le Rwanda  à la case départ.

Qu’adviendrait-il  de la minorité ethnique si par les voies d’une Démocratie Consensuelle  issue d’un dialogue entre les parties, un extrémiste Hutu élu décidait par  voie de referendum  l’instauration d’une démocratie intégrale ?  La réponse a été plutôt surprenante :

« Cela est possible ».

Pendant que nous allions lui demander dans  quel mesure il  trouvait  responsable d’inviter les Rwandais à prendre  ce gros risque malgré une telle appréhension, Monsieur Gahima a tenu à terminer l’entretien en soulignant :

« Mes déclarations ici n’engage  que moi-même  et non le Parti RNC ».

Voilà la un « MOI-MEME » qui risque d’être désavoué par son parti, si ce n’est le Parti lui-même qui joue  sa dernière chance de crédibilité, dans le concert bouillant de la déjà trop méfiante Opposition Rwandaise de Paris et de Bruxelles

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