La Relaxe de Pierre Péan

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Par Servilien M. Sebasoni

La relaxe de Pierre Péan à Paris, le blanchiment de Zigiranyirazo et de Hormisdas à Arusha dépassent l’anecdote… Même s’il faut éviter l’amalgame et de mélanger tout cela. Nous nous limiterons ici au  cas de Pierre Péan.

LE MODELE FRANCAIS

Hier soir sur France 24, les défenseurs de Péan et son avocat, avec à l’arrière-fond « le modèle français », ont passé le temps à essayer de nous démontrer les bonnes vertus de la justice française. Or la justice française est essentiellement hypocrite comme tant d’autres et l’affaire Pèan ne la sert nullement.

L’affaire Péan est grave parce que ce monsieur, dans son livre « Noires fureurs, Blancs menteurs » (2005), tend à réduire au mensonge toute une culture, la culture rwandaise qu’un grand nombre d’esprits équilibrés ont admirée en Afrique. Réduire cette culture au mensonge c’est la nier et c’est lui dénier toute contribution utile aux autres cultures de l’humanité. Cela représente le pire degré du racisme.

Les Hutus ont tort de pavoiser, car le racisme méprisant de Péan ne les épargne pas : on sait que si « la culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsis », elle domine « dans une moindre part, par imprégnation, chez les Hutus » (p.41). Les Hutus donc sont aussi dans la fosse commune des menteurs. La justice française considère cela comme un détail !

Pour que la plainte soit recevable, il a fallu passer par SOS Racisme. Dans SOS Racisme il y a l’un ou l’autre citoyen français. Engagée par des citoyens rwandais, la plainte n’aurait jamais été reçue. Il ne faut pas se faire d’illusion sur les valeurs de liberté, de fraternité et d’égalité!  C’est un horizon que la France vise ; elle ne l’a pas encore atteint.

La justice française est comme la presse française : pour elles n’importe quel citoyen n’est pas égal à n’importe quel citoyen. Si un citoyen africain  est diffamé dans la presse française, à moins d’être président ou ministre d’un pays riche abritant des intérêts français, aucun journal français ne publiera sa réaction.

Un observateur du procès Péan s’en est avisé. S’il s’était agi de Juifs et non de Tutsis, Pierre Péan aurait été à coup sûr condamné et mis au ban des gens honnêtes pour le reste de sa vie.

A l’inculpation de Pierre Péan, ses partisans, de Reporters Sans Frontières (RSF) notamment, se sont répandus dans les médias français qui ont répercuté leurs états d’âme et leur indignation. Les Rwandais et leurs amis ont à peine existé.

Les Occidentaux  – ceux du moins qui sont encore liés à l’esprit de la colonisation – nous mentent  quand ils parlent de droits humains, d’égalité démocratique et d’humanisme. Savent-ils que nous n’ignorons pas qu’ils nous mentent? Même les Rwandais de la diaspora post-génocide ne l’ignorent pas. Mais ils ont choisi pour critère de vérité tout ce qui est contre Paul Kagame et le Front Patriotique Rwandais (FPR), au risque de se tromper comme dans le cas de la relaxe de Péan. Laissons-les à leur doux aveuglement !

ELIE WIESEL S’EN PREND A PEAN (10.09.09)

Pierre Péan a accordé quelque attention à la réaction d’Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix, qui lui reproche notamment de rendre « les victimes responsables de leur malheur » Et pourtant Elie Wiesel a réagi avec beaucoup de retenue, estimant le cas de Péan  « moralement déplorable et historiquement regrettable ». Il lui rappelle tout de même que « l’écrivain qu’il est devrait savoir que les mots, avec le poids de leur passé, ne sont jamais innocents ». « Le monde dit  civilisé l’a appris un peu tard, mais il l’a quand même retenu ». Pierre Péan appartient-il au « monde dit civilisé » ?

Le Rwanda sait depuis longtemps les conséquences des mots. Leurs ancêtres savaient que « le mot tue comme la lance » et que « qui ne sait où s’envolent les paroles croit que le vent est innocent » (utazi indengero y’amagambo agira ngo umuyaga ni igaju). Mais le Rwanda est-il encore, après la lecture de Péan, dans « le monde dit civilisé » ? Sans doute pas pour la chapelle réunie autour de Péan pour obtenir sa relaxe et son impunité. RSF notamment,  avec un certain Hervé Deguine, son secrétaire général  adjoint, qui s’est mis en émoi pour influencer la justice française. Geste que, ailleurs, Pierre Péan  qualifie d’indigne.

Dans sa réponse à Elie Wiesel, Pean essaie péniblement d’écarter « la réaction d’un prix Nobel de la paix », qu’il estime hypocritement comme un « honneur », en disant qu’il n’a pas accusé tous les Tutsis mais uniquement Paul Kagame  et son organisation militaire ;  qu’il n’est pas seul à le faire, qu’il y a Bruguière, le juge français et Andreu Merelles, le juge espagnol..  Or 1º en parlant de « chefs tutsis » salis par Pierre Péan  par son acte « moralement déplorable et historiquement regrettable », c’est bien des chefs politiques et militaires qu’il s’agit et c’est eux que Pierre Péan  salit de sa bave raciste ; 2º c’est ainsi que l’entendent les juges  qui ont tenté de le laver de cette accusation. En effet, disent-ils, Pierre Péan  « attribue principalement aux Tutsis ce particularisme culturel ». Dans sa largesse et générosité, Péan l’attribue « également, selon les juges qui l’ont pourtant relaxé, aux Hutus et « plus généralement aux Rwandais ». Les juges ajoutent ceci qui pourrait échapper à un lecteur pressé : « sans jamais renier la réalité du génocide ».

Or, messsieurs et mesdames les juges, quelle réalité du génocide Pierre Péan ne nie-t-il pas ? Celle d’un génocide des Tutsis contre eux-mêmes. Le génocide réel, commis contre les Tutsis par des Hutus, Péan ne le reconnaît pas. C’est cela le sujet de son livre et de sa défense : « les Tutsis ont commis un génocide contre eux-mêmes et ont réussi à convaincre le monde entier, grâce à leur art de mentir, que ce sont d’autres qui ont commis ce génocide ». Cela vous a-t-il échappé ou le considérez-vous comme un détail ?

Au lieu de pousser la logique jusqu’au bout et de prendre pour menteur « un Tutsi descendant de la famille royale », Pierre Péan, hypocrite, a préféré prendre Antoine Nyetera comme collaborateur et comme alibi. Car « voilà bien un Tutsi qui assassine les Tutsis ! Pourquoi mettre en doute que les Tutsis aient commis un génocide contre eux-mêmes ? »

DIABOLIQUE !

Tricherie diabolique, car SOS Racisme n’a pas accusé Pierre Péan  de nier le génocide des Tutsis mais de diffamation  et d’incitation à la haine raciale. Diffamation  c’est-a-dire   « toute allégation ou imputation  d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé » (Loi du 29 juillet 1881). Estimez-vous, en âme et conscience, que, par son livre, Pierre Péan, que vous avez relaxé, en disant que leur culture est mensonge et manipulation, n’a pas porté atteinte à l’honneur et à la considération des Tutsis et des Hutus du Rwanda ?

Tricherie ensuite, parce que nul n’ignore que Pierre Péan  ne nie pas le  génocide des Tutsis, mais l’attribue, par une ruse diabolique, aux Tutsis eux-mêmes.

Diabolique, non ?  Diabolique veut dire  «  alliance de la ruse et de la méchanceté » (P.Robert). Par quel passe-passe, messieurs, mesdames les juges, Pierre Péan  vous ferait-il croire  qu’il n’a voulu accuser  qu’ « une organisation politique, le FPR, doté de sa branche militaire » ? Vous avez pu lire son texte. L’idée ne vous est-elle pas venue que Pierre Péan vous manipule ?

Il n’est pas excessif de parler de « passe-passe diabolique » : Pierre Péan  colle le label de menteurs aux Tutsis (par nature, ce qui est la définition même du racisme) et à tous les Blancs qui ont soutenu peu ou prou  la cause des Tutsis (Blancs menteurs) et réussit à trouver les plus solides soutiens chez des Hutus (dont nous ne citerons ici que l’internaute-espion de Habyarimana, Musabyimana.be) et chez « un Tutsi de la famille royale ». Une telle prouesse s’appelle diabolique en français, c’est- à- dire une action «pleine de ruse et de méchanceté » (P.Robert).

CIRCONSTANCES ATTENUANTES ?

Piteusement, dans sa réponse à Elie Wiesel, Pierre Péan  écrit que la réaction du prix Nobel a été excessive ! «  Il n’a pas bien lu mon livre » ! Quel culot ! En effet, Pierre Péan ne fut en procès, dit-il, que « pour quelques phrases de (son) livre qui compte 500 pages ». Le texte incriminé est court, plaide-t-il, il n’attaque qu’une organisation militaire et un seul homme, Paul Kagame ; la présentation est rapide et Pierre Péan  ne l’a pas faite tout seul, mais avec un Tutsi. Sans compter que le Tutsi « de la famille royale » est là pour confirmer curieusement que toute sa lignée est composée de menteurs.

A aucun moment, Pierre Pean  ne se soucie de se demander pourquoi ce Tutsi de grande famille  ferait exception et dirait la vérité. Sans doute parce que, dit-on, « bon sang ne peut mentir »! Pierre Péan apprécie ce qui est dans le sang par nature ou par imprégnation ! Pierre Péan, décidément, serait-il raciste à ce point !!   Et ce détail vous aura échappé ?

LES MOTS TUENT !

Avec une indulgence désarmante, le tribunal, qui a relaxé Pierre Péan, a estimé qu’ « il n y a pas eu  de diffamation … de la part de l’écrivain ». (AFP). Or depuis le livre de Pierre Péan, la thèse du Tutsi menteur  se répand en Amérique et en Europe (HRW, Gil Courtemanche, l’écrivain canadien, etc.) et parmi la population fragile de la diaspora post-génocide ainsi que chez des individus fragiles  comme Luc Marchal, l’adjoint de Romeo Dallaire, à la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR), en 1994.

Pierre Péan  qui n’a pas mis les pieds au Rwanda (« Enquêter  sur le Rwanda  relève du pari impossible tant le mensonge et la dissimulation ont été élevés par les vainqueurs au rang des arts majeurs » p.44)  a persuadé certains visiteurs du Rwanda que ce qu’ils voient n’est pas ce qui est réellement. Avant de venir au Rwanda, ils ont lu Pierre Péan  qui a écrit  (p.44) «  Ce qu’on y voit n’a rien de commun avec la réalité, mais avec les faux-semblants créés par Kagame et ses stratèges. Les masques sont partout ».

On ne pourrait dresser toute la liste de ceux qui ont considéré tout le Rwanda comme une apparence pour avoir absorbé le venin du livre de Pierre Péan et de ceux de son adjoint, Charles Onana, préposé au service après-vente des idées du maître. La renommée de Péan surclasse l’expérience personnelle et le contact avec la réalité. Elie Wiesel a raison d’écrire dans sa réaction au livre de Pierre Péan : « l’écrivain qu’il est devrait savoir que les mots, avec le poids de leur passé, ne sont jamais innocents ».

Que les mots tuent, les Rwandais, dont la culture serait mensonge, s’en étaient avisés et en cela s’ils mentent, ils mentent avec le prix Nobel dont la réaction serait un honneur pour Péan. (« Quel honneur pour un auteur, écrit-il, à moins qu’il ne mente, de susciter la réaction d’un prix Nobel de la Paix ! »)  Les Rwandais disent que « la langue est une lance qui tue comme la lance du guerrier » (injunga y’urulimi yica nk’icumu).

UN DETAIL !

Il ne faut pas pour autant  incriminer les juges parisiens qui ont relaxé Pierre Péan. Le juge est un homme comme les autres. Il n’est d’ailleurs pas tenu de dire la vérité, mais de dire le droit ! Il baigne dans un monde à lui, un monde qui a ses « idoles », au sens baconien du terme de « préjugés et attitudes préconçues » du réel propres à tel milieu ; « idoles »  mouvantes et changeantes selon les lieux et les temps. A Paris, la diffamation d’un Rwandais n’apparait pas  comme la diffamation d’un Juif.

On s’indignera à juste titre quand Le Pen dira que les fours crématoires sont un détail ; on ne s’indignera pas unanimement d’entendre qu’un de ces peuples bougnouls a mis au point une culture qui est mensonge. Cela, oui, est un détail. Déjà qu’on leur concède d’avoir une culture à ces sauvages ! Quand on dit « liberté, égalité, fraternité », entendons-nous.

N’en déplaise à l’injuste juriste rwandais, Ntampaka, et à Musabyimana.be, l’internaute-espion de Habyarimana, qui croient ingénument que « tous les Rwandais sont menteurs » et croient qu’on va les croire ! Protagoras le sophiste et l’un des ancêtres des avocats, nous a prévenus. Il n’est pas question de vérité au tribunal ; il s’agit de « faire accepter à autrui (ici au juge) les apparences qui (me) sont utiles ». D’ailleurs le logographe, « écrivailleur » de procès à Athènes, qui se situe historiquement entre le sophiste et l’avocat, composait aussi bien la défense de l’accusé et de l’accusateur.

SAINTE VERITE, VIERGE ET MARTYRE !

Les tribunaux  font  jurer à tous les témoins du monde occidentalisé de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité !   Mais qui connait la vérité, toute la vérité ? Chacun n’en voit qu’une partie, avec les yeux brouillés par ses « idoles » !

« Qu’est-ce que la vérité ? », demandait Pilate à Jésus-Christ, qui se disait fils de Dieu. Malheureusement, Pilate était un étourdi comme beaucoup de nos contemporains. Il était « ailleurs » avant que le fils de Dieu ne lui réponde. .

Pierre Péan a même lancé une nouvelle race d’experts qui connaissent le mieux les réalités d’un pays quand ils ne sont pas allés le visiter. Ce Blanc, qui n’est pas menteur, selon les juges qui l’ont relaxé, a fait mieux que l’expert occidental auquel nous sommes habitués, qui connait tout ce que pense, fait et dit un Africain sans connaitre un seul mot de sa langue et de sa culture. Pourquoi Keneth Roth (HRW) va-t-il au Rwanda même si c’est pour un jour et une nuit ? Pourquoi Courtemanche, l’évanescent professeur canadien, va-t-il au Rwanda et prie ses étudiants de ne lui dire que du mal des procès Gacaca ? Pourquoi des dames canadiennes vont-elles au Rwanda pour ne trouver qu’apparences de femmes au parlement rwandais ? Pierre Péan leur avait bien dit que, au Rwanda, « il n’y a que de faux-semblants placés par Kagame et ses stratèges ».

Pierre Péan, leur maître à penser leur avait bien dit qu’il vaut mieux ne pas aller au Rwanda pour connaitre le Rwanda (« Le Monde selon K », Fayard, 2009.). Il avait bien dit à Bernard Kouchner, qui eut le tort d’aller au Rwanda durant le génocide des Tutsis, qu’il valait mieux ne pas y aller pour mieux savoir. Pierre Péan  aura ainsi créé par son livre la nouvelle race des experts au goût du jour, les Bruguière, les Merelles,« qui, pour mieux connaître le Rwanda,  n’y sont jamais allés ». Pierre Péan  est-il un écrivain sérieux et  responsable ? Il semble que non, si l’on en croit les juges parisiens qui l’ont relaxé.

Un autre alibi –  un refuge, en réalité – de notre illustre écrivain, c’est qu’il reprendrait les propos de vieux colons. Pierre Péan remonte à Richard Kandt (1907), le premier Résident allemand du Rwanda, passe par un certain Paul Dresse (1940), administrateur colonial quasi inconnu, et arrive à un certain missionnaire hollandais du nom de C.M. Overdulve    (Overdule pour Péan  qui n’en est pas à un détail près). Pierre Péan se garde bien de citer un autre diplomate français, Paul del Perugia, qui a séjourné au Rwanda et fut bani de la communauté des savants pour avoir dit trop de bien de la culture des Rwandais dans son ouvrage « Les Derniers Rois Mages », (Phebus 1989). »

Comment un voyageur de passage, si « expert » soit-il, ignorant tout de la langue du pays, pourrait-il saisir le sous-entendu, l’allusion, le non-dit, l’indicible ? Tout cela sera pour lui mensonge et manipulation.

Péan se garde bien de parler du grand diplomate français Talleyrand, qui a servi tous les régimes. Il était passé maître en « stratégies du secret et de l’opacité », disent ses biographes ;  pour lui, « la parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée ». Imaginez que Péan ait rencontré au Rwanda ce type d’homme!  Péan a eu tort de se fier à un inculte, fût-il de la famille royale. Même si Claudel a dit qu’il n’y a de tel pour vous apprendre à écrire qu’un maître qui ne sait pas lire.

Pierre Péan, il ne lui arrive pas de penser qu’on peut taire la vérité à l’indiscret inconnu qui croit y avoir droit. Le cas le plus fréquent aujourd’hui, en Afrique, est celui de  l’expert qui vient d’Occident comme un Zorro et se croit le droit de tout savoir, « sinon je dirai que vous êtes tous des menteurs ».

Pierre Péan ne s’avise pas que le mensonge peut être occasionnel, conjoncturel en quelque sorte sans être dans la structure même de l’esprit ou d’une culture. Et surtout d’une culture qui croit que « la vérité passe par le feu  et ne brûle pas ». Non, le Tutsi est menteur structurellement, par son être et par son éducation. Et cela est un détail et ne porte pas préjudice aux Tutsis, pour les juges parisiens qui ont relaxé Pierre Péan.

Que d’autres aient dit avant lui que les Rwandais sont menteurs et particulièrement les Tutsis, ce n’est pas une excuse pour Pierre Péan,  ni une circonstance atténuante pour les juges qui l’ont relaxé. On juge et on condamne ceux qu’on peut atteindre. Traîner devant la justice tous les racistes du monde serait  pour SOS Racisme une mission impossible. Les juges parisiens qui ont relaxé Péan, vous diront que cela n’est que détail et liberté d’expression. Que, en l’occurrence, il n’y a pas lieu de crier au racisme !

FEMME, HANTISE ET SEDUCTION

Péan a intégré également l’obsession et la hantise de la femme tutsie. Certains colons, en effet, qui sont ses références et ses alibis, ne sont rentrés d’Afrique, du Rwanda particulièrement, qu’avec des centaines de photos de femmes. Comme d’autres ne sont rentrés qu’avec des photos d’animaux. Pour eux l’Afrique  c’est cela et vive la liberté.

La femme tutsie, pour Péan, est réduite à l’outil des ambitions ; opinion que Pierre Péan  partage – ce sera un nouvel alibi pour les juges qui l’ont relaxé – avec le premier  président de la république rwandaise, Grégoire Kayibanda, qui accusait déjà (en 1964) les Tutsis d’utiliser leurs femmes pour renverser son pouvoir. Pierre Péan  va plus loin : il présente les femmes tutsies comme utiles à  tout. Les Tutsis, surtout dans la diaspora, « certains parmi leurs membres  ont su garder (sic, comme on garde un troupeau !) de très belles femmes tutsies vers des lits appropriés » (p.44). Un détail pour les juges qui ont relaxé Pierre Péan !

Deux Canadiennes visitant récemment le Rwanda  n’ont pas résisté à l’expertise de Pierre Péan. Dans un pays, qui vient en tête dans le monde, pour le nombre de femmes dans les organes du pouvoir, les Canadiennes n’ont pas hésité à écrire que «  en fait, elles n’y sont pas, au pouvoir, elles n’y sont qu’en apparence » ; elles ne sont, selon Pierre Péan, que de «  faux semblants créés par Kagame et ses stratèges » (p.43) Le racisme de Péan serait-il corsé par une misogynie sélective ? Ce qui est sûr, c’est qu’il est contagieux.

Les juges parisiens, qui ont relaxé Pierre Péan, ont échoué à mesurer tout le mal que Pierre Péan  a fait au Rwanda. Il a durablement sali la culture du Rwanda. Il dit que la ruse y est mauvaise, quand la « métis » grecque était incarné par un héros nommé Ulysse et par une déesse.  Il dit que c’est mensonge de ne pas dire la vérité tout de go, quand, dans la culture chinoise, est valorisée la culture de l’écart et de l’évitement ! Il serait aujourd’hui difficile aux juges qui ont relaxé Pierre Péan de dire que c’est un détail négligeable que de dire que la culture de la Chine ou de la Grèce antique est une culture du mensonge.

Oui, les juges parisiens qui ont relaxé Pierre Péan  ont commis une mauvaise action et ont fait un tort durable à la culture rwandaise et à tous les Rwandais. A toute l’humanite, finalement !

Kigali 25 /11/09

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