Il est temps de mettre toute l’intelligence congolaise au service de la lutte contre la vraie balkanisation de RDC – Kä Mana

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Jul 22, 2013

Elu il y a quelques jours président de Pole Institute (Institut Interculturel dans la Région des Grands Lacs), le a souhaité aborder de front avec Le Potentiel le problème de la balkanisation de la RDC, sujet sur lequel son organisation a subi beaucoup d’attaques dans les milieux intellectuels congolais ces dernières années. Il juge que le temps n’est plus aux discussions théoriques sur les risques de balkanisation du Congo, mais aux exigences d’engager une lutte sans merci contre la vraie balkanisation qui est déjà à l’œuvre en RDC : la fragmentation interne du pays en plusieurs morceaux d’intérêts destructeurs sur lesquels « surfent » les puissances prédatrices mondiales. Une interview tonique et virulente sur un sujet de haute importance pour la RDC.

Professeur Kä Mana, vous venez d’être élu président de Pole Institute, un institut de recherche dont l’image est aujourd’hui ambiguë sur la question de la balkanisation de la République démocratique du Congo, comment voyez-vous votre élection et quelle est sa signification profonde ?

La sagesse ancestrale chinoise dit : «Le mal est dans l’œil de celui qui regarde ». Le regard qu’une certaine élite congolaise a porté ces derniers temps sur Pole Institute dénote des préjugés et des clichés qui ont fait croire que ce centre de recherche et d’action interculturelle dans la région des Grands Lacs est au service d’un certain projet de la balkanisation de la RDC concocté à l’échelle mondiale par d’invisibles mains occidento-planétaires, et plus spécifiquement anglo-saxonnes. Je sais qu’il n’en est rien et que l’idée que nous développons à Pole Institute est aux antipodes de n’importe quel projet de balkaniser le Congo au profit d’un complot des prédateurs mondiaux dont certains de nos pays voisins seraient des tueurs à gages. Notre idée est de mettre en lumière un impératif géostratégique qui s’impose à notre pays du simple fait qu’il partage des frontières avec neuf voisins. Une telle position géographique fait de ces frontières une immense richesse qu’il convient de mettre à profit en devenant le centre de gravité d’une économie inter frontalière et d’une politique d’enrichissement mutuel dont l’Afrique a besoin pour son développement aujourd’hui. Rentabiliser notre avantage géographique pour en faire un atout géopolitique et une grandeur géostratégique pour le rayonnement de notre pays, je ne vois pas en quoi une telle vision balkanise la nation. Vraiment pas.

Il y a eu tout de même un moment où, dans sa vision des problèmes du Congo, Pole Institute a donné l’impression d’être un think thank au service des ambitions rwandaises sur l’Est de la RDC. N’est-ce pas une évidence qu’il ne faut pas nier, du moins si on en croit certains des anciens membres de votre organisation qui ont quitté votre bateau en pleine mer ?

Depuis que moi je suis à Pole Institute et avant même de devenir le président de cet institut de recherche, j’ai en vain scruté le fonctionnement de notre organisation pour trouver des indices, des signes manifestes ou des publications qui avaliseraient la thèse d’un think tank au service du Rwanda contre les intérêts du Congo. La réalité est qu’il y a dans les milieux intellectuels congolais des pesanteurs tribalistes qui ont tendance à voir partout où des Congolais d’origine rwandaise travaillent et s’organisent de quelque manière que ce soit, un haut lieu d’une mythique «Rwanda Connexion» , surtout si les Rwandais dont il est question sont des Tutsi. C’est cela la vérité. Il se fait que Pole Institute a dans sa direction des Tutsi congolais que nos œillères ethnicistes tendent à stigmatiser comme membres de la «Rwanda Connexion». Cela est complètement aberrant et relève d’un délit de faciès qui est inacceptable dans une nation multiethnique comme la nôtre. Si le Congo n’accepte pas la diversité de ses identités culturelles comme des richesses tout comme les relations avec les voisins dont les frontières nous unissent dans d’immenses possibilités d’enrichissement commun, on devra désespérer de l’avenir. L’exacerbation des identités meurtrières a suffisamment détruit notre pays pour que nous ne nous fassions pas le devoir de faire de la diversité de nos ethnies un atout d’avenir, contre toutes les stigmatisations stupides, stériles et vaines, qui ne mènent vraiment nulle part. Le Congo vivra de toute sa richesse ethnique et culturelle ou il ne vivra pas du tout. Voilà la ligne directrice de la vision de Pole Institute sur l’unité profonde de la nation et sur l’intégration solide des pays des Grands Lacs. Cela exige un effort de développement d’une culture de l’être-ensemble, d’une culture de la paix, d’une culture du bonheur partagé, avec un sens profond d’exploitation rationnelle des richesses de chaque pays et de tous nos trésors communs pour vaincre la misère, organiser nos pays dont nous souhaitons tous qu’ils deviennent des pays émergents dans les prochaines années. Si l’horizon est celui-là, il convient que ceux qui ont des yeux ouverts sur cet horizon s’inscrivent en faux contre les politiques destructrices et meurtrières dans lesquelles s’enferment les pouvoirs politiques dans notre région. Il convient que ceux qui voient ce qu’il y a à faire promeuvent une éducation interculturelle de fond. Une éducation qui montre aux générations montantes les enjeux de l’avenir de nos pays et l’urgence de dynamiques d’un vivre-ensemble fertile et créateur de nouvelles opportunités de prospérité communautaire. Voilà à quel idéal Pole Institute se consacre. Voilà sur quel socle il fonde sa recherche. Une recherche qui s’en prend aux identités meurtrières, aux fragmentations destructrices et aux pesanteurs qui tirent nos pays vers des violences, des cruautés et des crimes innommables. Je vois ainsi les choses et je n’ai pas encore rencontré dans notre organisation une personne qui les voit autrement.

Maintenant que vous êtes président de Pole Institute, dans quelle direction pensez-vous que votre organisation devrait s’orienter sur la question de la balkanisation du Congo ?

Il est important de savoir qu’en tant qu’Institut interculturel dans la région des Grands Lacs africains, Pole Institute ambitionne de contribuer à la construction d’une vision positive et rayonnante de l’Afrique, en promouvant un grand rêve d’une économie, d’une politique et d’une culture de la prospérité, de la politique d’humanité et de la construction d’une culture de la paix pérenne, sur la base d’un imaginaire de la créativité et de la volonté d’un rayonnement mondial pour l’Afrique. Je vous l’ai dit : cela exige une lutte permanente contre les identités meurtrières, contre les enfermements dans des cavernes ethnicistes, contre le pourrissement de notre être dans des tombes du tribalisme bête, contre les stigmatisations malveillantes qui cassent les ressorts du dynamisme créateur africain en général et la dynamique du potentiel inventif de la région des Grands Lacs africains en particulier. Pole Institute poursuivra ce combat-là sous ma présidence. En plus, nous nous faisons le devoir, dans notre institut, de mettre au centre de notre action l’éducation éthique et politique pour une gouvernance fondée sur les valeurs essentielles de l’humain, dans la perspective de travailler l’imaginaire des Congolais, en vue des changements profonds et positifs. Les générations montantes dans les milieux scolaires et universitaires seront, sous cet angle, le cœur de notre action. Cela implique un élargissement plus concret de notre espace d’action, dans tout le pays et dans toute la région d’Afrique des Grands Lacs. Plus encore, nous comptons nous investir dans l’intensification de nos productions intellectuelles pour que Pole Institute soit plus visiblement présent dans la production des richesses intellectuelles et culturelles de la RDC. Après avoir fait de Goma un pôle important de recherche, de pensée et d’action culturelle, nous comptons aller plus loin, viser plus haut et ratisser plus large. C’est là la dimension culturelle et sociopolitique de l’action à mener. Mais il y a une autre dimension importante : c’est la clarification des problèmes qui agitent l’espace public et intellectuel congolais et l’engagement pour aider à les résoudre à partir des analyses qui ne soient pas insuffisamment conduites. Nous pensons aux questions d’exploitation du sous-sol congolais, aux relations entre le Congo et ses voisins, à l’effondrement des systèmes éducatifs dans notre pays ainsi qu’à la misère rampante qui gangrène la vie des populations. Misère qu’il faut combattre dans une politique visant une prospérité qui ne soit pas que financière, mais plutôt profondément anthropologique, c’est-à-dire susceptible de libérer toutes les énergies créatrices de chaque personne et de toutes nos populations. Sur toutes ces questions, nous nous proposons d’aiguiser une veille intellectuelle et une vigilance à toute épreuve.

Même sur le problème de la balkanisation du pays ?

Face à ce que tout le monde appelle aujourd’hui la balkanisation du Congo, nous savons qu’il faut une approche qui rompe avec le courant général actuel, ce mouvement qui se consacre aux épouvantails et peurs généralisées, sans penser réellement soumettre cette balkanisation au crible d’une intelligence globale du phénomène dans ses enjeux de fond et dans ses implications les plus radicales en RDC.

Pouvons-nous alors savoir quelle idée vous avez de la balkanisation du Congo ?

Contrairement aux idées répandues, ce n’est pas prioritairement de l’extérieur qu’il faut saisir, analyser et comprendre ce qui se passe réellement sur ce que l’on appelle balkanisation en RDC. L’extérieur n’intervient pour balkaniser un pays que lorsque ce pays est pourri de l’intérieur et qu’il implose sous le poids de ses propres pathologies. Au Congo, la destruction du pays par les Congolais eux-mêmes est visible partout : dans nos dynamiques tribalistes qui ont depuis longtemps fait de notre pays un royaume divisé contre lui-même. Si l’on s’adonne à faire une sociologie de la vie quotidienne au Congo, pour parler comme Michel Maffesoli, on se rendra compte que nos identifications ethniques négatives détruisent nos capacités de maintenir notre nation unie en profondeur : en cinquante d’indépendance, nous avons assisté au pillage du pays par des pouvoirs tribalisés qui ont imposé sur notre territoire les modes de gouvernance les plus aberrantes. Nous avons assisté à la décomposition morale de la nation au nom de l’ethnie : nous avons tué et nous tuons au nom de l’ethnie, nous volons les richesses de notre propre pays au nom de l’ethnie, nous violons les femmes de notre propre pays au nom de l’ethnie. Nous anéantissons l’Etat, toujours au nom de l’ethnie. Les mentalités de prédation, nous les avons instituées comme mode d’être en nous, toujours au nom de l’ethnie. Au nom de l’ethnie, la violence est devenue notre vision fondamentale du monde. Nous nous sommes ainsi affaiblis nous-mêmes dans un monde où, quand un pays aussi riche que le nôtre devient faible, toutes les forces extérieures carnassières extérieures comprennent que l’heure a sonné pour piller, disséquer, dominer et ruiner un tel pays. On peut le faire par les armes. Mais on peut aussi le faire en mettant à profit l’idiotie d’un peuple et d’un leadership qui ne savent ni comment s’organiser, ni comment se défendre, ni comment inventer un avenir de grandeur. On n’a pas besoin en ce moment-là de crier haut et fort qu’on balkanise. On n’a pas besoin que la balkanisation soit un phénomène politique visible par le bistouri qui dépèce et charcute l’entité existante pour la réduire à des petits morceaux sans substance. On gagne beaucoup plus à faire une balkanisation douce, silencieuse, qui s’accapare le sol et le sous-sol, qui s’empare de toutes les possibilités de créer de richesses tout en laissant au pays un semblant de légitimité politique qui devient une coquille vide. En plus, on crée volontairement des espaces de désordre permanent, on divise les leaders politiques de la nation balkanisée et on les mets au service des intérêts étrangers, ceux des forces financières et économiques qui s’adonnent alors à la prédation tranquille, dans un pays désormais désorganisé, sans Etat, incapable de se défendre parce qu’il est un royaume divisé contre lui-même.

Est-ce là selon vous la situation de la RDC aujourd’hui ?

Malheureusement oui. Nous avons nous-mêmes tué notre pays par l’esprit de gouvernance tribaliste et par les appétits ethnicistes qui ont cassé les ressorts profonds de notre être-ensemble. Demandez à n’importe quel Congolais de vous dire qui a gouverné notre pays tout au long de l’ère de Mobutu. Il vous désignera une région précise de notre pays. Demandez-lui qui dirige le pays actuellement, il vous désignera une autre région. Il ne vous dira jamais que la région tribalisée qui a dirigée ou qui dirige effectivement maintenant la nation le fait au service de toutes nos populations. Il affirmera plutôt que les richesses sont accaparées par des individus au sein des régions et ethnies régnantes, au service des intérêts individuels ou collectivement tribaux. Avec la complicité de quelques membres d’autres tribus qui ne sont que des «faire-valoir» tirant leurs propres marrons du feu. Il n’est pas possible, dans ces conditions, que d’autres régions ne se sentent pas lésées, pillées et humiliées dans le contexte d’une gouvernance prédatrice, d’un leadership-gangster. Gouvernance connue de tous et que tout le jeu politique essaie de masquer par des mensonges idéologiques sur un pseudo destin national commun. Que dans une telle situation les identités deviennent meurtrières et les violences chroniques, cela n’est nullement étonnant. Contre cette dimension de la balkanisation intérieure du pays, dimension sur laquelle nous pouvons et nous devons agir vigoureusement au Congo, les Congolais ne se mobilisent pas radicalement. Ils préfèrent aboyer contre la caravane de la balkanisation qui vient de l’extérieur comme une caravane à la recherche des richesses dans un pays faible. Mais comme tout le monde le sait : le chien aboie, la caravane passe. Aujourd’hui, je ne pense pas qu’il existe une force intérieure au Congo qui peut, de par sa propre énergie, empêcher que le pays ne soit l’objet de toutes les prédations. Pour que cela soit possible, il faut qu’il y ait une unité intérieure autour d’un Etat fiable, ayant une gouvernance fiable et disposant d’un capital de confiance qui pourrait le conduire à mobiliser le peuple contre les prédateurs extérieurs. Au Congo, les prédateurs extérieurs et les prédateurs intérieurs se donnent plutôt la main et œuvrent ensemble à leur propre enrichissement, pendant que le pays s’appauvrit et qu’une immense majorité de la population vit dans les conditions infrahumaines.

Comment voyez-vous la lutte contre cette balkanisation que vous décrivez si bien ?

Je suis profondément déçu de voir qu’au moment aussi important que celui d’une élection présidentielle et des élections législatives qui se préparent dans notre pays, les leaders politiques choisissent de vivre la politique comme une guerre entre eux ou entre leurs partis, sans aucune dynamique de réflexion commune sur les défis du présent et de l’avenir du Congo. Je suis déçu de voir qu’une multitude de candidats à la députation ne se présentent qu’au nom de la tribu comme réservoir électoral et de l’enrichissement individuel comme perspective. Les vrais balkanisateurs du pays, ce sont ces hommes politiques et ces candidats qui perpétuent sur nos terres l’esprit des divisions, au lieu d’unir la nation pour la rendre plus forte, plus créatrice d’espérances et plus porteuses d’initiatives pour faire de notre pays un pays émergent. Si le peuple dans son ensemble pouvait comprendre que c’est l’ensemble de la politique de division tribaliste et d’enrichissement personnel qui divise et fragilise le Congo en le livrant par nos faiblesses aux prédateurs extérieurs, on pourrait avoir un peu d’espoir. Malheureusement, le peuple congolais joue dans son ensemble le jeu des divisions politiciennes et devient complice de notre balkanisation intérieure. Il faut lutter contre cela en investissant, dans les consciences des générations montantes, de nouvelles valeurs pour un autre Congo possible. C’est un travail d’éducation de longue haleine. C’est dans cette éducation que Pole Institue a foi, hors de toutes les agitations politico-politiciennes qui ne nous conduiront qu’au désordre endémique et à de nouvelles violences meurtrières. De même, face à l’état de fait d’une balkanisation économique, financière et culturelle que nous vivons au Congo, il faut une voie d’invention d’un l’Etat congolais solide. Cette fondation de l’Etat n’est pas seulement du ressort de nouveaux hommes politiques conscients des enjeux. Elle devra être le fait de ce que nous appelons les révoltes constructrices des citoyens, de tous ceux et toutes celles de nos compatriotes qui croient en un autre Congo possible. Révoltes fondées sur la capacité de «booster» l’imaginaire créateur des Congolais et leurs ambitions de s’unir en profondeur pour bâtir «un pays plus beau qu’avant». Contre les balkanisateurs intérieurs et extérieurs qui tiennent le pays à la gorge, il faut de nouveaux inventeurs, de nouveaux créateurs d’un Congo d’espérance. Il est urgent de former ces inventeurs et ces créateurs, des acteurs d’une nouvelle conscience nationale et régionale et d’une nouvelle gouvernance au service d’une société heureuse.

N’avez-vous pas l’impression que l’horizon que vous ouvrez est trop lointain pour un pays que la balkanisation tient déjà à la gorge ? Que faut-il entreprendre, ici et maintenant ?

Ici et maintenant, il y a à activer la capacité d’organisation des Congolais dans des structures d’action locale contre les identités meurtrières, contre les politiques prédatrices et contre les logiques des violences. Il y a notre capacité de nous indigner au Congo, comme dirait Stéphane Hessel, et de faire de cette indignation le moteur de nouvelles actions pour changer le Congo à l’échelle où chaque Congolaise et Chaque Congolais peuvent agir concrètement, localement, en se liant `d’autres Congolaises et d’autres Congolais pour l’invention d’une culture de la créativité communautaire qui manque cruellement à notre pays. Contre la balkanisation intérieure, nous avons à promouvoir les rêves, les mythes, les actions et les engagements visibles pour l’émergence d’un Congo de grandeur et de prospérité, condition de toute victoire contre les puissances de la balkanisation extérieure. Et puis, en ce moment même, il y a à dynamiser la conscience citoyenne devant les urnes qui s’ouvriront bientôt. Cela peut sembler dérisoire devant la virulence de la balkanisation actuelle de fait, mais ce n’est pas dérisoire du tout de s’engager dans cette direction. En vérité, c’est par la force morale et la puissance de l’esprit, par l’énergie et la volonté d’être ensemble constamment réaffirmées que nous inventerons le Congo de demain. Celui qui brille déjà, chez les meilleurs d’entre nous, Congolaises et Congolais, par la beauté de ses rêves et l’inouïe splendeur des espoirs qu’il suscite. Vous l’aurez compris : c’est l’éducation qui est le cœur de l’invention du Congo nouveau. C’est elle qui suscitera les vocations pour un leadership éthique dont parle le philosophe Benoît Awazi Mbambi Kungua et pour une gouvernance créatrice qui pourra donner au Congo toutes ses chances face à l’avenir.

Quels sont vos atouts à Pole Institute pour réaliser ce programme d’action éducative ?

Nos atouts sont immenses, si je puis ainsi m’exprimer. Ils sont de divers ordres dans l’ampleur de leurs rythmes et dans la chaleur de leurs possibilités créatrices. Ils sont, globalement parlant, les suivants : une grande vision d’un Congo unie, une dynamique intellectuelle en permanente ébullition, une foi ardente dans les possibilités créatrices de l’Afrique, des méthodes de travail aiguisées pour la conscientisation et la formation aux révoltes constructrices et aux dynamiques de mythes porteurs de vie nouvelle, une forte capacité de mobilisation de la jeunesse, une équipe de pilotage volontariste et déterminée, la confiance de certains partenaires internationaux qui croient qu’un autre Congo est possible et l’ambition des forces locales de terrain qui veulent un destin nouveau pour la région des Grands Lacs africains.

Cela suffira-t-il pour déplacer les montagnes de la balkanisation ?

Sûrement pas. Ce que nous visons, c’est de contribuer à la naissance de beaucoup de lieux congolais de réflexion et d’action pour cette vision de notre pays. En fait, il est temps de mettre toute l’intelligence congolaise au service de la lutte contre la vraie balkanisation de notre pays. Celle que nous vivons déjà et qui détruit le pays dans sa puissance créatrice.

Source: http://congodrcnews.com/

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