RWANDA : un peuple abandonné veut forger lui même son destin

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« Vous nous avez laissés mourir. Alors, pourquoi venir nous dire maintenant comment nous devons vivre ? ».

Cette phrase, les rwandais la prononcent tous les jours au moment où l’appel lancé par la population au Président Kagamé est contesté par certains dirigeants occidentaux.

Et moi non plus, je ne vous comprends pas.

Sous une apparente bienveillance, vous nous parlez de « démocratie » mais vous bafouez la volonté de tout un peuple. Les rwandais viennent d’écrire une page démocratique de leur Histoire. Car le référendum sur la Constitution rwandaise est un exemple démocratique.

En effet, l’initiative de ce référendum émane de la population du pays qui a transmis au Parlement depuis 2 ans des pétitions invitant le législateur à amender la Constitution afin que Paul Kagamé puisse se représenter pour un troisième mandat. Ce sont les rwandais eux-mêmes, dans leur grande majorité, qui ont émis ce souhait. Ce sont les autorités qui l’ont exécuté.

S’agissant d’un mouvement peu habituel, c’est l’institut IPSOS qui a confirmé cette résolution populaire: plus de 90% des rwandais veulent garder Paul Kagamé à la tête du pays. Dans son récent rapport le sondeur précise :« Pratiquement tous les répondants, soit 92% de personnes interrogées, indépendamment de l’emplacement et des caractéristiques démographiques, désirent la réélection de leur Président ». Ces intentions sont même renforcées dans la réalité puisque le référendum sur la modification de la Constitution voit le « oui » l’emporter à plus de 98,3%. Ces chiffres donnent le tournis et chacun naturellement a envie de les malmener.

A un « ami » journaliste qui voulait m’ouvrir les yeux en écrivant : « Peut-être faudrait-il élargir le sondage aux innombrables Rwandais qui vivent en exil ? » j’ai indiqué qu’ils étaient plus nombreux encore puisque 98,7% ont souhaité que Paul Kagamé ait la possibilité de se représenter en 2017. La diaspora rwandaise, reste très proche et concernée par ce qui se passe au pays. Elle ne vit pas dans un autre monde et sait pertinemment ce qui est bon, non seulement pour le Rwanda, mais surtout pour leurs familles restées au pays.

Dès lors Pourquoi tant d’énergie pour dissuader le Président Kagamé de poursuivre la politique engagée ?

Les dirigeants occidentaux ont toujours eu la fâcheuse tendance de placer leurs candidats au pouvoir dans de nombreux pays africains, pour préserver des positions, accroître des intérêts, s’adjuger des marchés aux dépens souvent – dit on – des populations elles-mêmes. Cette ingérence permanente a contribué à la paupérisation du continent, et elle a trouvé sa justification dans le respect d’une prétendue « démocratie ». Une vertu qui n’est pas opposée à des pays démocratiques comme l’Arabie Saoudite, la Corée du Nord, la Chine et bien d’autres.

C’est ainsi qu’au nom de la démocratie, les dirigeants occidentaux souhaitent que le Président de la République du Rwanda quitte le pouvoir. Or, Paul Kagamé, est plébiscité. Il possède un bilan exceptionnel que peu et peut-être aucun dirigeant ne pourrait revendiquer. Son influence sur le Continent africain ne fait plus aucun doute. De nombreux pays africains veulent « copier » l’exemple du Rwanda au développement économique, social et politique unanimement reconnu. On donne de l’écho à son crédo en faveur d’une plus grande indépendance à l’égard de l’Occident et d’une véritable unité africaine.

Le Rwanda est un État souverain, faut-il le rappeler ? Certains dirigeants occidentaux semblent l’avoir oublié et se positionnent en « donneurs de leçon ». L’heure est venue de comprendre que ce temps-là est révolu.

Imaginez un instant un Président africain critiquer ouvertement le fonctionnement des institutions d’un pays occidental. « Pour juger les autres, il faut d’abord être irréprochable ». Or, pour ne donner qu’un seul exemple, regardons le cas de la France et le dernier référendum sur la Constitution Européenne dont la décision a été balayée par un vote en sens contraire du Parlement. Avez-vous entendu un seul dirigeant africain s’exprimer sur ce déni de démocratie ?

Les Rwandais savent pourquoi ils tiennent tant à leur Président. En effet, les progrès de développement qui ont eu lieu sous la présidence de Paul Kagamé sont nombreux, et je n’en donnerai ici que quelques exemples :

– Le Rwanda occupe la 1ère place en termes de Progrès de Développement Humain sur les 25 dernières années, selon le dernier rapport (14 décembre 2015) des Nations Unies ;

– Le « World Economic Forum », dans son dernier rapport sur la bonne gouvernance mondiale, estime que le Rwanda est le 7ème pays le mieux géré de la Planète ;

-Le Rwanda est en 6ème position Mondiale pour l’égalité « homme / femme », selon le rapport du « Global Gender Gap Report ». Pour ce qui concerne l’implication de la femme dans la vie politique, le Rwanda occupe la 1ère place Mondiale avec 64% de femmes au Parlement ; – Le Rwanda est classé par la Banque Mondiale 3ème pays du continent africain selon le rapport « DOING BUSINESS 2015 ».

Au delà de ces reconnaissances internationales, le Président Paul Kagamé a réussi le difficile pari de la réconciliation nationale dans un pays victime d’un génocide qui frappe encore chaque famille. De plus, les rwandais bénéficient aujourd’hui d’une sécurité sociale, d’un congé de maternité payé, d’une lutte anticorruption en constante progression, d’une scolarité obligatoire jusqu’à l’âge de 18 ans, d’une sécurité absolue dans tout le pays, d’une propreté supérieure à la plupart des villes européennes, d’infrastructures médicales modernes, d’un réseau Internet 4G et de la fibre optique, etc.

Si ce Président visionnaire fait à ce point l’unanimité, c’est grâce à sa gouvernance, saluée par ses concitoyens.

Il suffit de passer la frontière de la République Démocratique du Congo ou du Burundi pour se rendre compte du décalage de développement, car cela saute aux yeux. Beaucoup d’expatriés ayant voyagé dans toute l’Afrique le disent : « le Rwanda est un havre de paix et de tranquillité ; c’est un cas unique sur le Continent africain », allant jusqu’à affirmer : « le Rwanda, ce n’est plus l’Afrique ».

Évidemment, tout n’est pas parfait puisque les inégalités et la pauvreté sont loin d’être totalement éradiquées. Mais le chemin parcouru est exceptionnel et c’est pour continuer ces actions que les rwandais veulent garder celui qui les a amené là où ils sont aujourd’hui.

Une fois de plus, des responsables politiques occidentaux veulent intervenir dans les affaires intérieures d’un pays africain et demander en l’occurrence aux rwandais de trouver un successeur à Paul Kagamé. Mais qui subira les conséquences d’un tel changement imposé de l’extérieur et non choisi par le peuple ?

Demandez aujourd’hui au peuple libyen ce qu’il en pense. Pourquoi des dirigeants occidentaux mettent-ils plus d’énergie à dissuader Paul Kagamé que d’agir au Burundi qui pourrait basculer dans une guerre entre communautés ethniques, comme vient de le rappeler le HCR ?

En Allemagne, Angela Merkel assure pour la troisième fois – et serait pressentie pour un 4ème mandat ! – ses fonctions de chancelière à la tête de la première économie européenne et sans comparaison avec la France. Helmut Kohl a été à la tête de l’Allemagne fédérale puis de l’Allemagne réunie pendant 16 ans. Aux États-Unis, Franklin Roosevelt, a été réélu pour quatre mandats au moment du 2ème conflit mondial. Margareth Thatcher a sorti le Royaume Uni du déclin d’une société et d’une économie cogérées.

Un Chef d’État qui marque l’histoire de son pays est chose rare. Mais il obtient toujours la confiance de son peuple. Dans le cas du Rwanda, Paul Kagamé achève de sortir le pays du génocide de 1994.

Pour connaître les rwandais, il ne suffit donc pas de descendre quelques jours dans un de ces magnifiques hôtels de luxe qui poussent à Kigali comme des champignons.

Pour parler du Rwanda, il ne suffit pas de reproduire en quelques lignes des idées préconçues sans jamais avoir posé le pied sur le sol rwandais.

Pour juger le Rwanda, il faut prendre certaines précautions, surtout si ceux, qui jugent ce pays, gouvernements ou experts, ont « failli » par le passé, ou pire, ont aggravé le « crime » par une complicité aujourd’hui dévoilée, dans l’un des pires homicides contre l’humanité : le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

Par Alain BILLEN

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